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21 oct. 2009

C'est quelqu'un, comme ça...

Elle s'appelle Roslyn; elle est vieille maintenant. C'est une dame âgée, qui marche, qui marche. Elle attend la mort, l'envie qui la presse est si forte ! Son coeur se serre à cette pensée. Roslyn se souvient de ce monde où la technologie consistait à avoir un ordinateur et un réseau Internet. Aujourd'hui, plus personne ne se parle, ou si, un peu, à travers des jeux, des pages personnelles. Mais le moindre geste de la main, celle qui glisse le long du bras, celle qui se fait caressante, câline, effraie et terrorise. "Oui, je suis une terroriste. Une terroriste de la vie en-dedans." L'amour, l'amitié, le respect. Des valeurs qui n'existent plus. Il n'existe plus de bien, de mal, de valeurs, de défauts, de chance, de qualités. Ce n'est que poussière. Roslyn s'effondre enfin. Dieu aura son âme, on l'enterra avec son coussin fêtiche, vestige d'une époque révolue, une époque qui n'a plus besoin d'anciens, pour raconter. Une époque qui n'a plus besoin de souvenirs.

19 oct. 2009

Qu'est-ce qu'un blog ?

Je n'ai jamais eu de blogs. J'aurais aimé continuer ainsi, n'avoir besoin que de mon petit cerveau aimable pour me souvenir, me rappeler, ne pas oublier. Mais aussi sympathique soit-il, mon crâne est désespérement vide et sonne creux quand je le contacte. J'ai peur que demain - qui sait ? - j'aurais peut-être oublié ce blog, cette page que je dois chérir pour mon futur. Un endroit comme un lieu de culte, qui doit rester vide de méchanceté, d'arrogance. Je dois regarder les gens en face, pas avec mépris ou soumission. Nous y voilà. Je ne suis qu'une petite fille, une minuscule personne qui attend, attend, mais ne sait pas quoi. C'est pour cela qu'en quelque sorte, je n'attends rien, je ne suis jamais déçue par la vie et ce qu'elle m'apporte. Je suis parfois énervée, parfois septique, parfois triste, mais jamais déçue. La déception est quelque chose que j'ai trop souvent tâté, qu'on a trop pensé en me voyant, en me touchant, en me parlant. Je ne m'emballais pas pour me décrire, pourtant. C'est juste que je me fais discrète, alors on se fait des films autour de moi, on imagine que je veux être mystérieuse, me donner un genre. S'ils savaient que je me protège de ce monde qui m'effraie, de ce monde que je regarde, étonnée, mi-figue mi-raisin. Je parlerai plus tard de cette expression qui me qualifie tout entière, aussi bien physiquement que moralement, mentalement, psychiquement. Je patiente, enfin, pour quelqu'un qui trouve que j'en vaux la peine. J'espère que j'en vaux la peine, je le souhaite de tout mon être, de tout mon petit crâne bien aimable.

17 oct. 2009

Et la vie suit son cours...

C'était un jour important, aujourd'hui. Quelque chose qu'on oubliera, mais qu'on ne retrouvera pas. C'est une sorte de souvenir, mais je ne pourrai dire si c'est un bon ou un mauvais. Je ne veux pas le dire, le savoir. Il existe une part de moi qui est excitée par ce jour. Mon corps a peur. Quand on est une femme, on a peur de tout : de croiser un détraqué, une bande de mauvais garçons, d'attraper un bébé, le SIDA. On a constamment peur. J'ai déjà connu cette peur ; elle était justifiée. J'avais baissé mon pantalon, ma culotte. Lui aussi. Je l'ai vu mettre un préservatif, je l'ai même un peu aidé. J'étais fébrile, j'avais peur. Encore. Peur que ça fasse mal, d'avoir par malheur un peu de spermatozoïdes dans mon ventre. De le voir grossir, grossir, grossir. J'avais vraiment peur, c'était quelque chose de réel. Aujourd'hui, ce n'était que d'anodins frottements. Mais j'ai peur. Toujours cette peur de tomber enceinte alors que je ne me sens pas l'instinct maternel, jamais. J'ai aussi peur de tomber amoureuse, encore. De me faire jeter, toujours. L'amour est devenu banalisé, c'est quelque chose que tout le monde ressent. Les coeurs de pierre aiment la dureté. J'aime la vie. Ma vie. Je ne veux pas d'une autre vie à m'occuper, d'une autre vie à gérer. Parfois, un adulte est plus difficile à coincer dans une vie qu'un bébé qu'on aura vu grandir, naître, avec son corps. Je n'en veux pas, je n'en veux plus.